Actualités

Sélectionnez les domaines d'application

Agri/agro
Cosmétique
Divers
Éco-activités
Économie
Évenements
Mer
Santé
Lundi 12 octobre 2015

Du bioplastique nourri aux coproduits industriels

Le programme BluEcoPHA sélectionné par l'Ademe vient de démarrer. Il implique notamment Nutrinov (Triballat-Noyal) et Europlastiques dans la fabrication de nouveaux bioplastiques.

889_2067_bluecopha_process_alimentaire

Fabriquer des polyesters thermoplastiques biodégradables à partir de bactéries marines nourries aux coproduits industriels de l'agroalimentaire. Voilà l'enjeu du projet BluEcoPHA qui vient d'être retenu par l'Ademe dans le cadre de l'appel à projet BIP 2014 (bioressources,industries et performances).
Collaboratif et à vocation industrielle, BluEcoPHA est porté par Europlastiques (spécialiste de l'injection plastique). Il associe des partenaires académiques tels que le LimatB (Laboratoire d'Ingénierie des matériaux de Bretagne) de l'université de Bretagne-Sud, à Lorient, et le laboratoire CIP (Chimie et Ingénierie des Procédés) de l'ENSC de Rennes. Il est accompagné par CBB Capbiotek et Breizpack,avec le concours opérationnel et financier d'un consortium d'industriels : Nutrinov (Centre R & D de Triballat-Noyal), Séché Environnement (traitement des déchets) et Cap Ouest (colorants et additifs pour plastiques).
Ce projet de recherche de plus d'un million d'euros fait suite aux programmes Biocomba (2010-2011) et Phapack (2012-2014) qui ont démontré la faisabilité de la fabrication de PHA (polyhydroxyalcanoates) par fermentation de coproduits (eaux de lavage, résidus de la filière végétale de types fruits et légumes sous forme liquide ou sèche) en présence de certaines bactéries issues de souches marines isolées à partir de palourdes, de coques, de seiches venues des côtes bretonnes. " Un pilote industriel de 50 litres a été réalisé chez Polymaris Biotechnologies,confirme Stéphane Bruzaud,professeur à l'Université de Bretagne Sud et pilote scientifique du projet. Le rendement en PHA est de quelques grammes par litre. " Un post-doc,Pierre Lemechko, a été recruté pour déterminer les systèmes les plus performants en matière de biosynthèse et pour réaliser des analyses de cycle de vie. Enjeu: pré-industrialiser la fabrication d'ici 2018.

Réalisation de films, de coupelles, etc.
Jusqu'ici, des films, des éprouvettes, des coupelles ont déjà été fabriqués par Europlastiques. Ce PHA n'est cependant ni économiquement, ni écologiquement viable en l'état : son coût reste élevé et l'étape d'extraction du PHA du cytoplasme des bactéries exige encore des solvants chlorés. Il faut donc travailler sur des traitements de substitution. " Le PHA coûte environ une dizaine d'euros le kilo, versus un peu plus d'un euro le kilo pour un polymère issu de la pétrochimie, reconnaît Stéphane Bruzaud. L'emballage n'est donc pas l'application la plus adaptée dans ces conditions pour l'instant. On peut penser aux applications à plus haute valeur ajoutée telles que le biomédical ou l'impression 3D. Mais tout le projet BluEcoPHA consiste justement à réduire les coûts en optimisant l'extraction, les rendements de fermentation, tout en réalisant l'Analyse du Cycle de Vie du processus. " Sur ce point, il a déjà été démontré que le PHA obtenu était biodégradable et compostable en conditions naturelles et, de surcroît, en milieu marin: son épaisseur se réduit par érosion de plus de la moitié en 180 jours. On peut aussi le stabiliser pour qu'il soit suffisamment recyclable.

Source : Process Alimentaire - Septembre 2015 / Karine Hermenier